René Victor PILHES, écrivain

René Victor PILHES

René Victor PILHES

René Victor Pilhes est né à Paris en 1934.
Elevé par sa grand-mère maternelle dans le village de Seix, il est collégien à Saint-Girons en Ariège, puis entre au lycée à Toulouse avant de partir pour Paris.
En juin 1955  il est envoyé en Algérie. Il y reste jusqu’en septembre 1957 et sort marqué par cette expérience.
De retour en France,  René Victor Pilhes  va mener une vie professionnelle riche, dense, et pour le moins bien remplie !
A Paris il commence en effet à travailler comme publicitaire, d’abord à Air-France, puis chez Dorland et Grey et enfin à Publicis où il devient directeur de la création en 1969 , membre du directoire en1972 et membre du conseil de direction en 1973. Administrateur de TF1 de 1983 à 1986, il sera également conseiller à la présidence d’ Havas de 1981 à 1986. Cette vie professionnelle intense nourrit son sens de l’observation et de l’analyse en même temps qu’elle lui fait fréquenter des milieux sociaux particuliers, liés à la politique et à la finance.
Très tôt René Victor Pilhes manifeste le goût de l’écriture. Il rédige  alors son premier roman et son talent d’écrivain est couronné de succès en 1965 dès qu’il publie aux éditions du Seuil La Rhubarbe.
Ce  roman lui vaut  le prix Médicis, prix qui récompense de jeunes écrivains talentueux n’ayant pas encore acquis la notoriété.
A partir de là, une nouvelle carrière s’ouvre à lui : René Victor Pilhes sera écrivain.

« Un débutant à classer parmi les maîtres » – Jacqueline Piatier – Le Monde littéraire
Initialement intitulé Le Bâtard, La Rhubarbe est un roman commencé en 1962.
La Rhubarbe  utilise le « je » ; on peut donc légitimement penser  ce roman autobiographique sachant qu René Victor Pilhes a été élevé par sa grand-mère maternelle et qu’il était un enfant « illégitime ». Mais n’oublions pas que tout récit est avant tout fiction.
Quoiqu’il en soit, les registres littéraires utilisés par l’auteur et son style rendent ce roman profondément original et révèlent un immense talent d’écriture.
Dans l’histoire personnelle transposée, le narrateur se nomme Urbain Gorenfan, c’est-à-dire « l’enfant de goret », avant de se faire appeler Aubain Minville pour ne pas éveiller les soupçons de la famille C.
Le village ariégeois de l’auteur devient Torlu, lieu d’une culture intensive de la rhubarbe. Comme un leitmotiv, redonnant courage, esprit et assurance au narrateur, la nature luxuriante de Torlu et la généalogie maternelle reviennent tout au long du roman  par le biais d’énumérations, d’évocations et d’invocations.
Face à cela se dresse l’orgueil des C., drapés dans une morale catholique rigoriste. L’auteur installe la famille C. rue Barbet de Jouy, à Paris, à deux pas de l’archevêché…
Le cadre de La Rhubarbe  est  un décor montagneux ariégeois aux courbes féminines « les mamelons », décor qui réapparaîtra  dans plusieurs de ses romans publiés par la suite.

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Dans les dernières pages de La Rhubarbe est annoncé son deuxième roman d’inspiration autobiographique, Le Loum, qui paraîtra en 1969 :
« j’ai la certitude que la famille C. possède un trésor qui m’appartient et qui m’attend quelque part, en un endroit qu’il m’est difficile mais non impossible d’atteindre : « Les Cuns du Loum ». Mais dans Le Loum, les courbes rondes du paysage seront éclipsées par la toute puissance masculinité du pic phallique.
Le thème de la bâtardise sera de nouveau évoqué dans Le Fakir, mais cette fois ce sera au tour du narrateur d’assumer une paternité jusque-là inconnue.

« Un certain génie » – Claude Mauriac –Le Figaro
C’est en 1974 que René Victor Pilhes  publie l’Imprécateur.
Véritable coup de tonnerre dans le monde éditorial, cet autre roman lui vaut cette fois un autre prix prestigieux : le prix Femina.
Le livre va connaître dès sa parution un succès considérable. Il continue encore aujourd’hui, en ces temps de crise,  à marquer les esprits. Etudié dès sa parution dans les classes de bac et de BTS, il est traduit en vingt langues dont le chinois.
André Fontaine, alors influent rédacteur en chef du Monde, écrit dans un éditorial des lignes qui rendent compte de cet ouvrage :
« Dans un roman à l’ironie mordante, René Victor Pilhes met peut être le doigt sur l’essentiel lorsqu’il écrit : « Nous sommes victimes de l’orgueil et du manque d’imagination conjugués des vingt dernières années, voilà ce qui rend les entreprises fragiles et les gouvernements de plus en plus cyniques et autoritaires ».
En 2003, Bernard Pivot soulignera, lui, dans Le journal du Dimanche que : « René-Victor Pilhes avait écrit non seulement un grand roman baroque, puissant, inspiré mais aussi le livre qui dénonçait par avance la criminelle arrogance économique et financière. »
Vision prémonitoire s’il en est ! : René Victor Pilhes dénonce dans ce roman les travers de l’économie où la quête effrénée du profit remplace les vertus.
De mystérieuses imprécations ébranlent l’entreprise Rosserys and Mitchell, dans l’esprit de ses cadres comme dans ses assises et fondations.  On voit bien ici comment la réalité nourrit la fiction…
Face à l’immense succès de ce roman, René Victor Pilhes est sollicité pour écrire un scénario de film :
« C’était quelque chose de nouveau pour moi. Couper, structurer, rebâtir un roman pour en faire les dialogues du film, fut une expérience passionnante, mais un peu délicate » confie-t-il alors. (La Dépêche du Midi, 1974)
Jean-LouisTrintignant et Philippe Noiret sont d’abord pressentis pour incarner les rôles principaux mais ce sera finalement Jean Pierre Marielle, Jean Yanne (dans le rôle du directeur des relations humaines), Michel Piccoli (Saint-Ramé), Jean-Claude Brialy (Le Rantec), Michael Lonsdale (Abéraud), et Marlène Jobert (Me Arangrude) qui, entre autres, en seront les interprétes … Le film est réalisé  par Jean-Louis Bertucelli en 1977.
Le quatrième roman de René Victor Pilhes, La Bête, paru en 1976, est plus en engagé politiquement que les précédents. Il narre les dérives coercitives lorsqu’un groupe de jeunes d’un village d’Ariège envisagent de s’opposer à un rassemblement des Jeunesses Libérales Avancées.
René Victor Pilhes se consacre à l’écriture, il va peaufiner pendant un long laps de temps son nouveau roman. En 1985 paraît La Pompéi, et  deux ans plus tard, la suite de la PompéiLes démons de la cour de Rohan
Les éloges pleuvent.
Anne Muratori Philip salue dans Le Figaro « une œuvre dostoïevskienne » (22 février 1985) , le Point  parle d’une œuvre « granitique » et le magazine Elle évoque un roman « diabolique ».
1Seix.Le château

 

 

 

 

 

 

 

…Le 9 octobre 1971, le glas qui suit l’angélus annonce au village de Tonombres le décès de la châtelaine nonagénaire du Mirabat. En cette première nuit de deuil le village de Haute-Ariège, accroché à la montagne au-dessus de Saint-Girons vit ses dernières heures de paix….
La Pompéi  relate une affaire politico judiciaire.  Mais, écoutons l’auteur qui déclare à l’époque :
« Ce roman, met en présence deux générations. L’une d’après-guerre, l’autre d’anciens combattants partagés en deux camps : les collaborateurs et ceux dont on dit qu’ils ont collaboré, les résistants et ceux dont on dit qu’ils ont résisté. Tous ces personnages s’affrontent autour d’un crime »…
et Anne Muratori d’écrire :
« Fidèle à ses principes René Victor Pilhes exalte l’attachement aux racines et règle son compte à la bâtardise. Cette fois il le fait chez lui. Dans ses montagnes,. Les rives du Salat, la montagne du Mirabat, le port d’Aula sont les décors réels, seul Tonombres et ses habitants…n’existent pas… »
et pourtant, pourtant… à bien y regarder, Tonombres ressemble à Seix…comme son ombre !
Le cadre choisi est somptueux, c’est celui de  la Haute Ariège encore et toujours : la vallée du Haut Salat, les forêts, les gorges d’Angouls, le Loum granitique omniprésent et le Prat Mataou – le pré de la tuerie-…
André Rollin dans Le Canard enchaîné, choisit pour titre de son article « Le Vésuve en Ariège ». Il parle du livre en ses termes : « La Pompéi est un roman-torrent : il charrie des débris de rochers, des troncs d’arbres, des cadavres… et des phrases qui ressemblent à des éboulis. Pilhes s’y plonge corps et plume(s), ça éclabousse, ça tintamarre ! Quatre cents pages de chaos pour raconter  «  un épisode convulsif et ténébreux de la vie du monde vers la fin du XXe siècle ». et de conclure ainsi son élogieux  article : « C’est un roman au-dessous du Vésuve, ce nouveau volcan français ! Attention à sa lave … »

2Montségur.Gouache de R. Gaston-Lagorre
En mars 1985, René Victor Pilhes est invité par Pivot à Apostrophes,  cette interview figure aujourd’hui aux archives de l’INA (Institut national audiovisuel).
Avec Les Démons de la Cour de Rohan, René Victor Pilhes donne une suite à La Pompéi et si Raymond Barre – dont on se souvient de l’appétit littéraire- en avait fait son invité à Apostrophes, René Victor Pilhes est maintenant convié dans l’émission de FR3 Toulouse « A plein temps » et  c’est France Culture qui parle de son nouveau roman en direct. Le succès est une nouvelle fois au rendez-vous. En 1987, René Victor Pilhes est au summum de la gloire littéraire.
En 1988, le personnage d’Urbain Gorenfan ressurgit dans L’Hitlérien, il en est le narrateur.
Le thème délicat de l’antisémitisme est ici abordé et cela vaudra à l’auteur une volée de bois vert de la part de certains esprits chagrins et particulièrement étroits.
En 1989, avec son roman La Médiatrice René Victor Pilhes renoue toutefois avec le succès. Il  obtient le prix de la ville de Nancy.
La Position de Philidor en 1992 lui vaut  bientôt un autre grand  prix, celui de littérature policière Edmond Locard .
Dans le cadre du milieu d’affaires transporté dans un village de montagne le temps d’une chasse au sanglier, un week-end de 11-Novembre, René-Victor Pilhes signe un crime parfait. Et si le crime est diabolique, le mécanisme est implacable.
À chaque page de ce roman, on ressent que l’auteur de La Rhubarbe, a monté et écrit ce « crime parfait » avec jubilation.
En 1993, René Victor Pilhes publie un roman au titre allégorique s’il en est puisqu’il est intitulé La Faux.
Ce roman, selon les dires mêmes de l’auteur que nous avons puisés dans son blog, est né d’une double observation :

D’une part, en 1990, « le président de l’un des plus importants groupes d’Europe,  tomba gravement malade et finit par être hospitalisé dans un service ad hoc. J’appris alors qu’au seuil de la mort, il convoqua dans sa chambre d’hôpital ses principaux collaborateurs afin de donner ses ultimes instructions au sujet d’un dossier près d’aboutir au terme d’interminables négociations conduites par lui d’une main de fer. Cette réunion extraordinaire autour d’un patron qui pouvait à peine parler, me fut racontée par l’un des hauts cadres présents. J’avais assez régulièrement fréquenté ce potentat de notre économie depuis la publication de l’Imprécateur, car il se piquait d’aimer la littérature, lui que l’on décrivait comme un homme dépourvu de la moindre sensibilité. Et donc, cette réunion anthume et surréaliste avait tout pour m’impressionner : la mort planant sur la haute finance, c’était mon truc. »…
D’autre part, « l’année suivante, en Ariège, j’aperçus non loin de chez moi, un grand et vieux paysan que j’avais côtoyé dans mon enfance et ma jeunesse, une sorte de géant qui effrayait les enfants voleurs de pommes et de cerises, et qui, pour son plaisir sans doute, maniait une faux géante elle-même, une faux de l’ancien temps, et fauchait quelques herbes qui avaient envahi les talus du chemin. Alors se produisit un déclic, un de ces signaux qui bouleversent les romanciers, car ils leur indiquent une direction féconde et inattendue : j’ai, en un éclair, rapproché ce faucheur de la réunion de l’hôpital. J’ai décidé sur le champ de faire du patron mourant un descendant de la famille du faucheur géant ariégeois. Et que la fameuse réunion aurait lieu non dans un hôpital mais au pied des montagnes de ces ancêtres que je lui avais attribué au nom du démiurgisme du créateur. La mort, et son emblème la Faux, oui, planant sur la finance mondiale… »

René Victor Pilhes va faire de Régis Faucheur-Quitus, « jadis gouverneur de la Banque centrale internationale, puis ministre, président du groupe financier Wotan-Pacific » et dont le nom résonne comme celui d’un ancien empereur romain, le héros de son roman. Le narrateur se prénomme, lui, Ajas Marcellin.
Le but assigné du héros, rongé par un cancer et qui sait donc l’inéluctabilité de sa mort est tout entier contenu dans l’incipit du roman « …il nous informa de sa détermination de retrouver ses racines avant de mourir. »
La géographie des lieux d’enfance est ici plus que jamais présente : «… de derrière la montagne, le vent du nord s’engouffrait dans la brèche célèbre du col de Faustin et balayait la vallée »….ou encore « …nous passâmes entre l’église et la mairie, franchîmes le pont qui enjambait le Faustin et nous arrêtâmes sur la place dite de l’Allée, plantée de vieux platanes, devant le Grand Hôtel du Pic ».» mais aussi, par petites touches successives, à la manière des peintres, l’ambiance des soirées de veillées du village : «… nous avions bien dîné et, repliés autour de l’âtre, nous écoutions la pluie cingler, le vent hurler… » ou encore, non sans humour !, ces notations sur la multiplicité des sobriquets attribués au sein d’une même famille pour effectuer des distinguos entre les divers membres de la famille…
Voici ce qu’écrit Pierre Maury à propos de La Faux :
« Plein de drôleries subtiles et écrit d’une belle plume au service d’une langue tout aussi esthétique, La Faux devrait combler les amateurs de littérature française en mal des belles expressions, à travers un récit qui, s’il est simple et accessible, n’en amène pas moins son lecteur sur des pistes de réflexion intéressantes et sérieuses. »
En 2003, ce roman qui peut être considéré comme une sorte de fable initiatique va faire l’objet d’une adaptation filmique dont le réalisateur est J-D de la Rochefoucauld. Nouvelle expérience cinématographique donc pour  René Victor Pilhes qui travaillera le scénario avec J-D de la Rochefoucauld et Frédéric  Krivine .
Le film sera interprété par des acteurs de talent tels Jean Pierre Cassel (dans le rôle principal de Régis Faucheur – Quitus, Yvon Back (Cominac), Marc Betton (le curé Antus), Françoise Dorner (Agnès), Sophie de la Rochefoucauld (Madeleine) et Bruno Wolkowitch  dans le rôle de Caïus.
Cette adaptation sera coproduite par F-M. Dalinval ,  Arte Cinéma et France 2.
C’est encore à Pierre Maury, critique littéraire enchanté par la lecture de ce roman,  que nous laisserons le soin de conclure :
« La Faux est une sorte de roman d’apprentissage, mais du dernier apprentissage que tout homme est appelé à effectuer, bon gré mal gré. Il s’agit de l’apprentissage de l’acceptation de la mort, une mort aussi inéluctable que certaine. Et cet apprentissage se double ici de l’importance de la connaissance des racines de chacun, car c’est bien notre histoire et celles de nos familles qui nous définissent et nous influencent, au final nous dictent un part de notre caractère et de notre personnalité. »  (Publié dans Le Soir, Belgique)
« Je suis un écrivain républicain et libre penseur » -RV Pilhes, 11/01/1998, Pays Cathare, Hors série, printemps1998.
C’est en 1998 que René Victor Pilhes publie Le Christi :
« Au pied de Montségur, Pilhes nous met le feu » titre alors la Dépêche du Midi dans un article signé de Jean Claude Soulery, et encore :
« avec ce souffle qui lui est particulier, ses personnages étonnants, ce vrai talent de romancier –une histoire, un lieu, des hommes-, fort de ce style tantôt éructant, tantôt lentement coulant comme une lave, il nous raconte jusqu’à l’épuisement le destin américain, ces hommes de grande technologie, accusés d’avoir en Ariège, cette année là réveillé les morts d’un vieux bûcher, et par conséquent reconnus coupables du crime de démesure… »
René Victor Pilhes dit alors vouloir opposer « au monde moderne, à sa folie, à sa vanité, à l’argent roi, des forces inattendues, dépenaillées, quasiment folkloriques, mais qui peuvent tout ficher en l’air » et d’ajouter «  Montségur et les châteaux cathares sont bien autre chose que des ruines ou  des endroits touristiques. Ce sont pour moi des lieux de révolte. »
A Philippe Berjaud qui l’interviewe pour Pays cathare magazine, lui demandant pourquoi il tourne en dérision, sans les nommer toutefois, des gens comme Bernard Henri Lévy (qu’on reconnaît sous les traits de Garopolo) ou Danièle Mitterand (qu’on devine sous les traits de Tatie Liberté), voilà ce que René Victor Pilhes répond :
« Ce que je veux dénoncer dans mon roman, à travers certains personnages ridicules et le débarquement des chaînes de télévison à Montségur, qui ressemble à celui qui a eu lieu en Somalie, c’est la charité-business et le grand cirque médiatique ».
…et l’on ne peut pas dire que l’actualité encore toute récente lui ait vraiment donné tort ! René Victor Pilhes semble même doué d’un certain don de prémonition !
En publiant, en 1999,  La Jusquiame, René Victor Pilhes nous fait retrouver Urbain Gorenfan (l’enfant de goret), journaliste,  qui enquête sur les déclarations de Minville, médium entendant le discours des défunts.
Faut-il voir dans le titre de ce roman au nom de plante vénéneuse une allusion à la mythologie  qui vit, dans l’Odyssée  les compagnons d’Ulysse se transformer en pourceaux ?  Circé, l’enchanteresse ne leur avait –elle pas en effet servi un breuvage à base de jusquiame ? … et quand on sait que l’autre dénomination de la jusquiame est celle de « fève à cochon » … tout se passe  comme si la légende antique venait répondre en écho à ce fils de goret qu’est Gorenfant, celui là même qui mène l’enquête.
Dans ce dernier roman, Gorenfan , a vécu beaucoup d’aventures graves ou périlleuses. Pourtant, la mission que son directeur confie à ce reporter en fin de carrière est la plus mystérieuse et la plus terrifiante de toutes. Dans une vallée qu’on dit maudite, où est sise une centrale nucléaire désaffectée et où la rhubarbe et la jusquiame, une plante maléfique, poussent en abondance, Gorenfan enquête sur Minville, médium qui effraie les habitants en prétendant communiquer avec les morts. L’affaire se complique lorsqu’en surgit une autre, la noyade inexpliquée d’une jeune militante antinucléaire, trente ans plus tôt. De surcroît, l’ancien directeur de la centrale hante le cimetière avec sa maîtresse et gouvernante, personnage hors du commun.
Autour du cimetère, Gorenfan évolue dans une intrigue de plus en plus inquiétante et diabolique, où les envoûtements et les phénomènes inexplicables sont monnaie courante. Qui est le manipulateur maléfique de la vallée ?
René Victor Pilhes écrit encore chaque jour, inlassablement, le matin de préférence même s’il lui arrive encore de s’installer à sa table de travail l’après-midi aussi.
Bien que sa carrière soit auréolée d’un immense succès, il vit de manière simple, au cœur de l’Ariège, dans son village de prédilection où il a tant circulé en vélo et où il a longtemps pratiqué le rugby, sport qu’il apprécie particulièrement et qu’il aime encore passionnément.

RVPilhes1987

Bibliographie
La Rhubarbe, Prix Médicis, Seuil, Paris, 1965
La Loum, Seuil, Paris, 1969
L’Imprécateur, Prix Femina, Seuil, Paris, 1974
La Bête, Seuil, Paris, 1976
Les plaies et les bosses, La Table ronde, Paris, 1982
La Pompéi, Albin-Michel, Paris, 1985
Les démons de la Cour de Rohan, Albin-Michel, Paris, 1987
L’Hitlérien, Albin-Michel, Paris, 1988
La Médiatrice, Prix de la ville de Nancy, Albin-Michel, Paris, 1989
La position de Philidor, Grand prix de littérature policière Edmond Locard, Mercure de France, Paris, 1992
La Faux, Albin-Michel, Paris, 1993
Le Fakir, Flammarion, Paris, 1995
Le Christi, Plon, Paris, 1998
La Jusquiame, Plon, Paris, 1999
Littérature critique et analyses
Denise BOURDET, « René-Victor Pilhes », in Encre Sympathique, Paris, Grasset, 1966
Christian DE MONTELLA, Lecture au présent, 23 fiches d’analyse de textes modernes, Paris, Seuil, 1986

Emission  Radioscopie  diffusée le 4 octobre 1974 sur France Inter, interview de René-Victor Pilhes par Jacques Chancel :

http://www.ina.fr/audio/PHD99224174/rene-victor-pilhes.fr.html
www.ina.fr/art-et…/rene-victor-pilhes-la-position-de-philidor.fr.html2 min – 13 avr. 1992
Olivier BARROT présente La position de Philidor de René Victor PILHES paru dans la collection Crime parfait chez Mercure de France.

www.ina.fr/video/CPC76065442/rene-victor-pilhes.fr.html
Emission proposée par Paul GIANNOLI, qui met en question l’écrivain René-Victor PILHES, célèbre pour son roman L’Imprécateur.
Après son autoportrait, coréalisé avec André Maurice, l’écrivain répond aux critiques, bonnes et mauvaises, des invités suivants : Jean Ferniot, romancier et éditorialiste à RTL ; Bruno Lussato, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, informaticien et conseil auprès de nombreuses entreprises ; Jacqueline Piatier, critique littéraire au Monde ; Jean-Francis Held, journaliste au Nouvel Observateur.
AUTOPORTAIT : René Victor Pilhes, interviewé par Anne Andreu dans son village ariégeois, évoque tout d’abord le succès de L’Imprécateur et l’importante exposition médiatique dont il a fait l’objet. Il explique ensuite l’origine de son nom et parle de son enfance. René Victor Pilhes, enfant naturel, n’a connu que l’affection de sa grand-mère maternelle. A 21 ans, il part en Algérie et revient la rage au coeur. Il parvient néanmoins à fonder une famille et présente fièrement ses trois enfants et sa femme Nicole. Il vit actuellement dans son village natal, dans une maison qu’il a fait construire à côté de celle de sa grand-mère. Il joue au rugby, est président de l’union sportive locale. Pour les besoins du reportage, il s’est rendu à Paris devant le Drugstore Publicis sur les Champs Elysées, où il a longtemps travaillé, puis dans les bureaux de CGE Alsthom pour une rencontre organisée par le comité d’établissement. Engagé à gauche, René Victor PILHES rencontre volontiers des membres de l’Union de la gauche. Nous assistons à un déjeuner avec Jean-Pierre Chevénement lors duquel l’homme politique complimente l’écrivain pour son livre La Bête et où l’écrivain évoque une conversation avec François Mitterand. René Victor Pilhes travaille avec le réalisateur Jean-Louis Bertucelli à l’adaptation cinématographique de L’Imprécateur.
DEBAT : René Victor PILHES lit un passage de La Bête, se défend de l’accusation de manichéisme portée contre lui, explicite ses activités et opinions politiques, retrace sa carrière littéraire évoquant l’écriture de chacun de ses romans : La Rhubarbe, Le Loum, L’Imprécateur et La Bête.

Le blog de René-Victor Pilhes : www.pilhes.fr

 

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