Le lin, de la graine à l’objet industriel

Fleur de lin

Fleur de lin

Le lin dans l’histoire

Le lin, linum  appartient à la famille des Linaceae.
C’est une plante herbacée annuelle de régions tempérées, à croissance rapide, à fleurs bleues.
Le lin est originaire du Moyen Orient (Egypte, Perse) mais il s’est adapté à de nombreuses régions. Le lin était cultivé sept mille cinq cents ans avant J-C, avec les premières céréales et légumineuses domestiques.

Le lin dans l'Antiquité

Le lin dans l’Antiquité

On en retrouve trace en France depuis plusieurs millénaires (dans le Jura notamment) sous forme de fragments de toile. Les archéologues ont également trouvé des peignes à tisser et à serrer les trames, des pelotes de fils, des aiguilles, des fuseaux de bois utilisés pour le filage du lin.
Le lin est connu et utilisé dès la plus haute antiquité : des tissus retrouvés en Egypte mais aussi en Asie attestent de la culture et du travail du lin dès cette époque.

lin en fleur
Le lin cultivé (Linum usitatissimum) est une plante annuelle de la famille des Linaceae cultivée principalement pour ses fibres, mais aussi pour ses graines oléagineuses. Les fibres du lin permettent de faire des cordes, du tissu, ou plus récemment des charges isolantes pour des matériaux de construction. Les graines sont utilisées pour produire de l’huile de lin pour l’industrie de l’encre et de la peinture, pour la consommation humaine et animale, à cause de sa richesse en oméga 3.
Les grandes étapes de la culture du lin autrefois

Ensemencement du lin

Ensemencement du lin

L’ensemencement des graines de lin a lieu en avril, la récolte se déroule environ quatre mois après les semailles, au mois de juillet-août.
La plante est alors arrachée et non fauchée, en raison du caractère ligneux des tiges (la mécanisation de l’arrachage n’aura lieu qu’après la seconde guerre mondiale).

 


Une fois l’arrachage exécuté, la plante subit un traitement particulier : plusieurs opérations sont en effet nécessaires avant d’arriver à tisser le lin.
Après l’arrachage, hommes et femmes procèdent à la mise en carpettes ; ces carpettes sont mises en chaîne (en ligne) avant que les meules de lin ne soient édifiées.

Mise en carpettes

Mise en carpettes

Le lin est ensuite amené en charrette aux bâtiments d’exploitation.

La récolte

La récolte

Le lin y est battu à l’aide de battes ou de fléaux (le battage) pour séparer les graines des tiges puis mis en bottes.


Mis en bottes ou en ballons, le lin va être alors roui, c’est-à-dire humidifié en rivière ou en ruisseau tout en étant maintenu à l’air libre : c’est le rouissage du lin. Cette opération permet le développement de bactéries qui favorisent la séparation des fibres et de la filasse.


Après avoir été rouies durant une période variable et suivant la température, une à deux semaines environ, hommes et femmes procèdent au séchage des tiges.
On peut alors passer à l’écangage ou broyage des tiges : c’est le teillage, à l’aide d’un brisoir, de façon à écraser la partie dure et ligneuse et à permettre le sérançage, c’est à dire la séparation de la partie textile (la filasse) du bois.

Le sérançage du lin

Le sérançage du lin

Au début du XXe siècle, une machine pour un broyage mécanique de plus grande rentabilité sera inventée. Un musée à Lyon est d’ailleurs dédié à l’inventeur de cette machine.


Lors de la séparation du bois et de la filasse on obtient d’une part des particules ligneuses appelées « anas » et la fibre débarrassée de sa « paille », fibres longues appelées filasse et fibres plus courtes que l’on nomme étoupe.
Le travail du lin : objets, gestes et savoir-faire d’autrefois
L’étoupe peut être utilisée pour fabriquer du « non tissé ».
Pour démêler et assouplir les fibres, la filasse va être peignée (le peignage) et cardée (le cardage).
Le lin peut alors être filé (le filage) à l’aide d’une quenouille ou d’un rouet.


Le rouet dont le maniement requiert une habileté certaine, est utilisé dès le Moyen âge (seconde moitié du XIIIe siècle) ; il n’est que le prolongement mécanique du fuseau. Il se compose d’une roue que l’on fait tourner à la main puis, plus tardivement (XVIe siècle), au pied, par l’intermédiaire d’une courroie donnant un mouvement de rotation au fuseau qui va prendre la forme d’une bobine.
Là encore il faudra attendre la fin du XIXe siècle, c’est-à-dire la Révolution industrielle, pour constater l’apparition des premières filatures.
Une fois filé, le lin est mis en écheveau.
Commence alors le travail du tisserand (le tissage, d’abord manuel, sera progressivement mécanisé (XIX e siècle). C’est à cette époque que l’on verra apparaître les premiers métiers à tisser.

atelier de filature du lin
Le tissu écru (à l’état brut) subira encore le blanchiment (parfois en dressant les toiles de manière assez spectaculaire, en plein air, comme c’est le cas à Gérardmer en France) et les toiles pourront être teintes…Blanchiment du lin Gerardmer

Toiles, draps et vêtements de lin vous sont donnés à voir dans la salle d’exposition de l’Association du patrimoine seixois depuis 2011 :
du vêtement de travail en toile souvent épaisse aux bonnets ouvragés ou à l’aube de communiante ; des chaudes chemises de nuit pour hivers rigoureux aux corsages légers dont les poignets ciselés de dentelle ne laissent d’émerveiller, des bas et chaussettes aux coussins ou aux nappes, vous découvrez soudain l’ampleur des utilisations du lin autrefois dans les domaines vestimentaire et domestique.

publicité pour trousseau

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L’exposition montre combien cette utilisation n’a pas pris une ride et si la culture du lin s’est industrialisée, si la carte géographique de son exploitation a quelque peu évoluée (on ne broie plus le lin à Massat !) , le lin reste bien de nos jours une plante d’actualité.

Massat. Le broyage du lin

Massat. Le broyage du lin

Célébration de l’utilité du lin à travers les illustrations publicitaires et les bons points d’autrefois
Dès l’origine, la graine de lin a une utilisation particulière elle sert à faire de l’huile siccative pour la peinture ainsi que des farines pour divers usages médicaux. (soin des otites, de la constipation….). D’anciennes publicités, aux supports variés, attestent de ces utilisations diverses en droguerie et pharmacopée (buvards, prospectus, encadrés publicitaires de divers journaux…)

Partout la solidité du fil de lin est vantée ; là encore nous en trouvons trace, de façon souvent amusante, dans le monde de la publicité !

L’école s’empare à son tour de l’hommage unanime rendu au lin : des bons points distribués aux écoliers méritants, vantent la plante et l’inscrivent dans l’histoire et la géographie mondiale. C’est enfin un hommage national qui est rendu par la France à cette plante :en 1957 le lin fera l’objet de la création d’une « flamme » postale nationale…

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Le lin aujourd’hui
Consulter le site suivant : http://vimeo.com/16882995 où vous pourrez découvrir toutes les vidéos et reportages sur le lin et le chanvre.
Confédération Européenne du Lin et du Chanvre au 01.42.21.06.83 ou à l’adresse suivante : info@mastersoflinen.com.
Qui sont donc ces producteurs d’images et de lin ?
Ce sont en majorité des agriculteurs qui nous font partager leurs méthodes de semis, d’arrachage, de récolte: jugez en vous même sur les liens suivants:
Pour en savoir plus : prolongements et adresses utiles
www.doudeville-capitale-du-lin.com

Les musées du Textile :
Musée du textile du Vermandois (Aisne) : http://www.la-maison-du-textile.com
Musée du textile des Vosges (Vosges) : http://museetextile.online.fr/
Musée de la dentelle de Calais (Pas de Calais) : http://www.musee.calais.fr
Musée de la dentelle d’Alençon (Orne) : http://www.ville-alencon.fr/musee.htm
Musée de l’impression sur étoffes de Mulhouse (Haut-Rhin) : http://www.musee-impression.com/default.html
Musée du textile de Fourmies (Nord) : http://www2.ac-lille.fr/patrimoine-caac/Fourmies/textile.htm
Musée départemental du textile de Labastide – Rouairoux (Tarn) contact : musee.textile@cg81.fr

Bobines de fils de lin

Bobines de fils de lin

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