Balade architecturale et historique dans les rues de Seix

Le village de Seix est situé au confluent de quatre vallées : celle du Garbet, celle d’Ustou, celles du Salat et d’Estours. Cette situation géographique particulière a fortement contribué à faire de Seix, depuis des temps immémoriaux, un lieu passant.

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Dès le XVIIIe siècle, Seix, devient ainsi un véritable carrefour pour les foires et les marchés.

Le bourg connaît une activité économique intense ce qui entraîne logiquement la construction et le développement du village. Nous nous trouvons Place du foirail, le dos tourné à l’office de tourisme. Si nous levons les yeux et balayons du regard le cadre qui s’offre à nous, par-delà la limite formée par les toits, nous constatons que le village, adossé au Mirabat rive droite et au Cos rive gauche , laisse entrapercevoir une architecture paysagère d’exception que dominent les pics du Fonta et du Mont Valier ou encore du Bouireix. Le Mirabat, dont le nom commande à lui seul de tourner à nouveau notre regard vers le village, nous invite à sa découverte. Le bâti de la rive droite est plus récent que celui de la rive gauche : les toutes premières maisons d’habitation ont en effet d’abord été établies au pied du Pouech, sur la rive gauche d’une rivière torrentueuse, et elles s’y sont agglutinées, regroupées en rangs serrés autour du château fort censé les protéger; elles se sont ensuite agglomérées autour de l’église puis, le long de venelles étroites créant un cœur de village devenu aujourd’hui périmètre classé. Ce n’est qu’au fil du temps que le village s’est étendu sur la rive droite où, pendant très longtemps n’ont existé que les grands hôtels, les bâtiments administratifs et un négociant en vins et spiritueux. 6.Seix.L'hôtel Courtade puis Castaño

Un solide pont de pierre à trois arches relie le foirail, – appelé aussi la Place de l’Allée-, au coeur historique du village dont le périmètre central reste aujourd’hui encore dessiné par le pourtour du château, la place de l’église et se clôt par la chapelle Notre-Dame de Pitié. Quand on sort de ce périmètre, les maisons s’espacent et, les aérations ainsi créées laissent place à des parcelles libres ou à de petits jardins potagers, le plus souvent visibles de la rue. Pour qui sait aiguiser son regard, Seix invite maintenant à une promenade architecturale. Ouvrons grands les yeux car le passé du village affleure sur des façades encore chargées d’histoire. Le bruit – parfois assourdissant-, de l’eau jaillissante va accompagner et rythmer cette promenade. Le Salat et son affluent l’Esbintz traduisent de manière très sonore l’omniprésence de l’eau au cœur même du village. C’est même là l’une des caractéristiques paysagères de ce bourg de montagne, encore ancré dans un monde rural dont le pastoralisme est la principale composante. Un coup d’œil circulaire nous permet de prendre quelques points de repères : le château, l’église Saint-Etienne, la mairie et le pont central mais, lors de notre balade, nous pourrons nous laisser surprendre de manière bien plus inatendue, par l’exotisme d’une maison dont le toit de dentelle ajourée évoque l’Orient ou par cette vaste chapelle aux proportions démesurées quoiqu’elle soit située au plus près de l’église… C’est pourquoi nous proposons à ceux qui le souhaitent un fil conducteur qui permettra peut-être de mieux découvrir Seix.

Départ de la Place du foirail nommée aussi Place de l’Allée

Cette place est encore aujourd’hui un lieu ouvert sur l’axe principal – route d’Oust, route d’Espagne-, situé à la croisée des routes et des vallées. C’est le lieu où stoppe la navette en provenance de Guzet, le car au départ de l’Andorre ou le bus en direction des Thermes d’Aulus. Anciennement cernée par la poste, la douane et la gendarmerie, deux grands bâtiments encore visibles qui surplombent la place, deux grands hôtels, voisins l’un de l’autre, finissaient d’encadrer cette place. La fontaine, point d’eau obligé pour se laver les mains ou faire boire les bestiaux lors des foires se trouve toujours au pied de l’escalier de pierre. Un autre point d’eau, un lavoir existait au départ du chemin qui mène au Tuc. Ce lavoir public permettait de battre la lessive avec l’eau de la rivière et invitait tout un chacun à se rafraîchir en été quand le soleil cognait. Une croix doublée par la présence d’une statue de la Vierge au départ de l‘ancien chemin de Bourbou rappellent la piété des paysans et l’emprise de l’église sur le village aux 19e siècle et 20e siècles. Le monument aux morts, autrefois situé au centre de la place qui devenait Champ de Mars pour les cérémonies, a été déplacé. Il se situe désormais en retrait de la place et dans la partie haute, non loin du groupe scolaire de construction récente. Les platanes, plantés vers 1910, ont t longtemps ajouté au charme de cette place la transformant en un lieu privilégié de promenade, à la manière des ramblas espagnoles. « la promenade » lit on sur les cartes anciennes. Aujourd’hui cette place est devenue un énorme parking mais ses larges proportions la rendent encore propice à l’accueil du marché, à celui des manèges lors des fêtes votives et c’est encore là que l’on se réunit, que l’on chante, que l’ on danse lors du bal annuel du 14 juillet.

Les grands hôtels

Seix.Le Grand hôtel (Hôtel Dougnac)

Seix.Le Grand hôtel (Hôtel Dougnac)

Ce sont les foires et les marchés qui ont conditionné la construction des ces grands hôtels autour de la place du foirail. L’hôtel Dougnac que jouxte l’ancienne cave à vins Andreu s’est légèrement transformé ; la grande glycine qui s’entortillait sur le balcon et qui dégringolait sur la terrasse a hélas aujourd’hui totalement disparu et les grands volets de bois gris sont devenus rouge vif. L’ancien hôtel Courtade, doté lui aussi d’une belle terrasse ouverte sur la place, a été scindé en deux, accueillant maintenant en son rez de chaussée un magasin de sports et un restaurant. Cependant l’architecture générale de ces hôtels ne s’est pas transformée. Ces hôtels ont été construits selon le principe de mitoyenneté qui permet de dégager un espace à l’arrière où se trouvaient cours avec lavoirs – ce qui permettait de mettre au frais, l’été, les boissons – et jardins potagers. Un troisième grand hôtel est situé non loin de là, sur la route d’Espagne, l’hôtel du Mont Valier fait lui, face au canal. Trois grands hôtels sur un si petit périmètre montrent bien qu’en plus des marchands et des paysans descendus de la montagne pour venir se ravitailler lors des foires et marchés, ces hôtels accueillaient une toute autre clientèle qu’ils avaient su fidéliser, des pensionnaires ou demi- pensionnaires, une clientèle d’habitués qui lors des périodes estivales, fréquentaient la station ou allaient en cure à Aulus les Bains et prenait l’air de la montagne. Nous nous dirigeons maintenant vers le pont.

Le pont central

Seix. Le pont central

Seix. Le pont central

Emporté en 1772 par une violente crue dont le torrentueux Salat était alors coutumier, le pont de bois fut reconstruit en 1868 en pierre taillée cette fois. Trois arches le soutiennent. Une nouvelle fois, submergé lors de la crue de 1937, le pont résiste. Sa solidité sera encore mise à l’épreuve une fois encore lors de la terrible crue de 1982 qui vaudra aux deux passerelles construites sur le Salat, – l’une légèrement en amont, celle du Raourès, , l’autre située en aval –celle de la route d’ Oust- d’être balayées et emportées comme des fétus de paille alors que le village même de Salau, situé en amont est dévasté. La passerelle de la route d’ Oust, visible depuis le pont central, sera reconstruite en 1982 sous une toute autre forme puisqu’elle adoptera la forme des passerelles dites « vénitiennes », une passerelle en arc, ce qui la rend moins vulnérable aux crues potentielles. Le pont central de Seix est un véritable trait d’union physique entre le coeur de Seix -, périmètre classé du village, situé rive gauche-, et les principaux axes routiers.

Seix. Le pont central et l'écluse sur le canal

Seix. Le pont central et l’écluse sur le canal

Témoignent ici de la civilisation hydrographique du village des écluses sur le canal qui longe le Salat où des enfants se baignaient autrefois et où abondent maintenant les truites de la réserve ou ces canards qui cancanent à loisir, redonnant vie à la rivière. Si on lézarde sur le pont nul doute qu’on puisse apercevoir bientôt le manège incessant des cincles plongeurs. La scie à marbre qui servait à la découpe des énormes blocs de marbre en provenance de la vallée d’Estours est encore installée dans l’actuelle Maison du haut Salat. Elle était entièrement mue par le courant et impressionne encore par sa taille gigantesque. Observons également, vers l’amont cette fois sur la rive opposée, une bâtisse massive, la maison Bordes Pagès et ses bains douches installés au cœur du village, ouverts aux habitants pour inculquer des habitudes d’hygiène qui leur faisaient défaut autrefois, quand puces et poux étaient encore fréquents…

Seix.Les Bains douches

Seix.Les Bains douches

Nous traversons le pont non sans admirer au passage le cadre paysager qui progressivement se découvre à nos yeux. Au bout du pont, nous atteignons une seconde place, la place centrale de petite taille parce qu’enclavée entre deux bâtisses d’importance : la mairie de Seix et l’église Saint-Etienne.

La place centrale

Nous sommes au cœur du bourg, c’est de cette place centrale, que partent en étoile rues et venelles qui quadrillent le village. Le vieux château semble singulièrement proche ; encadré de ramures, il domine la place. Cette place est située au coeur du périmètre classée ; c’est là que se fait la sortie de la messe dominicale sur le parvis de l’église St Etienne qui date du XVIIIe siècle, une église fortifiée au 13e s. dont le mur clocher, particulièrement imposant s’inscrit avec force dans le paysage ;

Place centrale. L'église St Etienne

Place centrale. L’église St Etienne

là aussi que se trouve la mairie, depuis 1844, un établissement administratif d’importance pour les villageois , une mairie construite à l’exacte jonction du Salat et de l’Esbints, comme pour témoigner une nouvelle fois de cette civilisation hydrographique qui caractérise le village ;

Seix. La canal et la Mairie

Seix. La canal et la Mairie

là aussi que se trouve l’ancien « café central », lieu de rendez-vous et de convivialité à la manière de ce qui se faisait autrefois ;

Seix. Place centrale autrefois

Seix. Place centrale autrefois

là enfin que sont regroupés les commerces même si certains d’entre eux ont aujourd’hui disparus.

Seix.La place et le café

Seix.La place et le café

Si nous observons les caractéristiques architecturales, nous constatons que la primauté de la mitoyenneté est bien là. Le caractère urbain des maisons est affirmé par les volets persiennes, les garde-corps en fonte ouvragés, les hautes menuiseries, les portes d’entrée à imposte, mais aussi les génoises…Autant de détails architecturaux qui montrent les savoir-faire des bâtisseurs d’autrefois. L’hôtel Castaño (rive droite) comme la maison et le salon de coiffure, rive gauche, en sont les preuves.

Cependant une très belle bâtisse du 18e siècle (1784), restaurée avec goût pour accueillir des logements sociaux, attire bientôt notre attention, « La maison Ferradou ».

Seix. la Maison Ferradou

Seix. la Maison Ferradou

Curieuse disposition que celle de cette imposante bâtisse qui s’aligne sur le cours de l’Esbintz et qui ne donne à voir, côté rue principale, que la parfaite mais fort étroite régularité de ces deux travées laissant pendant ce temps le soleil inonder ses doubles balustrades ! Observons, tandis que nous sommes sur cette placette, au cœur même du village, les caractéristiques de ces « maisons de ville » car leur caractère s’estompera au fur et à mesure que nous nous éloignerons du centre : Les peintures colorent certaines façades le plus souvent autour d’un rez-de-chaussée commerçant. Les maisons sont alignées sur la rue, la mitoyenneté est de mise. Les maisons qui cernent la place comportent presque toutes un rez de chaussée surmonté le plus souvent de deux étages – réservés au logement -, et parfois surmontés de combles éclairés parfois par des lucarnes. Le rez-de chaussée réservé au commerce, comporte une vitrine et une entrée tandis que les étages sont caractérisés par l’ordonnancement des fenêtres en deux ou trois travées non alignées sur le rez de chaussée. Les encadrements des fenêtres et des portes sont le plus souvent en pierre, parfois en bois. Les chaînages d’angles, seuils et appuis sont parfois en pierres taillées parfois ils sont peints, imitant la pierre et nous donnant un témoignage de la richesse plus ou moins grande des habitants à l’époque. Les portes-fenêtres s’ouvrent sur des balcons ou sont dotées d’un garde-corps en fonte ou en fer forgé, au moins au 1er étage Les volets-persiennes sont le plus souvent peints. Sous les toîts on peut apercevoir des génoises en terre cuite, plus ou moins ouvragées . Il est grand temps de remonter la rue du Roy et de pénétrer ainsi le cœur du village.

La Rue du Roy

Seix. la rue du Roy vue du clocher

Seix. la rue du Roy vue du clocher

Cette rue est étroite, elle vit au rythme de l’Esbintz qu’elle longe, bercée par son tumulte depuis des millénaires. Tout en continuant d’observer les façades pour vérifier la véracité de nos dires, marquons une petite pause à l’arrière de l’église pour admirer l’étroite porte de bois qui conduit au clocher, bardée de clous épais mais dont le bois s’abîme. Levons les yeux à cet instant précis sur cette autre maison carrée qui s’offre à notre vue : lourde, massive, maison d’ancien notaire qui a le privilège, à la façon d’une île, d’offrir des points de vue variés sur ses quatre pourtours ; une maison coiffée d’une élégante galerie vitrée dont le charme n’a d’égal qu’un jardin intérieur muni d’un lourd portail où s’accroche avec force une glycine tortueuse . Maison bourgeoise par excellence qui n’a que bien peu à voir avec les habitations qui la cernent et qui marquent des conditions de vie, ô combien plus modestes ! Certaines de ces maisons anciennes ont été modernisées mais l’architecture générale là encore n’en a, le plus souvent, pas été modifiée. C’est dans cette rue du Roy que se trouvent les plus anciennes et les plus belles maisons à encorbellement avec balcons. La première d’entre elles, face à l’ancienne biscuiterie Toureille, offre un accès direct à l’Esbintz . Sa double cave avec double lavoirs témoigne une fois encore de l’importance accordée à l’eau moins dans ce cas pour étancher la soif des vaches et des moutons que pour l’importance accordée à la lessive : le linge était ici battu à la main, au lavoir ;

Seix. Rue du Roy.Maison à encorbellement

Seix. Rue du Roy.Maison à encorbellement

Le libre accès à l’eau et sa gratuité rendait la chose aisée . La maison à encorbellement dressée sur la rivière est très intéressante architecturalement parlant parce que très peu fréquente. Notons au passage que les alignements des ouvertures et les verticalités sont cette fois incertains et non systématiques, que la technique de construction est un rez-de chaussée en dur et une structure bois et un remplissage aux étages pour le reste de la construction. Une partie du crêpi étant tombé à terre on peut voir affleurer un bloc de marbre vert en provenance d’ Estours ! C’est ici l’enduit de façade qui restituait l’ homogénéïté du bâti. Ce type de bâti est associé aux ruelles tortueuses et étroites, il caractérise le noyau originel du village où longtemps ne sont passées que des charrettes. Le coeur de Seix est constitué par cet entrelacs de venelles étroites. Un peu plus haut, une maison à double balcons de bois a été récemment restaurée. Sur notre droite, une petite passerelle de pierres (encore une !) permet la jonction entre la rue du Roy où nous déambulons et la rue de Pujol, sise au pied du château ; cette passerelle permet également l’accès à l’impasse – qui n’en est pas une !-, celle des Trois sorcières de Seix qui défrayèrent la chronique et furent brûlées vives en d’autres temps. Cette venelle malodorante redonne un accès vers la Place centrale. Après la maison Lapeyre qui nous fait face et qui servit autrefois d’école pour les petits nous remarquons un étroit et sombre passage qui nous donne un nouvel accès direct à L’Esbintz.remarquons également ici que d’anciennes granges côtoient les maisons d’habitations. Les bêtes ne vivaient jamais bien loin des hommes et cette alternace caractérise notre village à vocation agro-pastorale.

La place du Campot

Seix. Le pont route du Campot

Seix. Le pont route du Campot

Nous voici arrivés sur une troisième place, nommée Place du Campot, située à la jonction du quartier de la Chapelle et du quartier de Bagnères, et qui paraît comme adossée au massif forestier qui recouvre le Cos. La fonction de cette troisième place diffère fortement de celles des deux autres. Lieu de rencontres, terrain de jeux pour les enfants, poumon vert du village qui marie la verdure, les fleurs et l’accès libre à l’eau, tel apparaît le rôle assigné à cette place . De nombreux bancs, disséminés çà et là témoignent de sa fonction sociale : c’est là que l’on vient passer un moment, bavarder à loisir avec voisins et voisines pour s’enquérir des petits événements tout en surveillant les enfants. L’ancien lavoir public transformé en bac à fleurs, l’accès libre à l’Esbintz montrent une nouvelle fois l’importance accordée à ce bien naturel qu’est l’eau. C’est là qu’étaient anciennement installés le moulin, la fabrique de laine…

Seix. Quartier de Bagnères

Seix. Quartier de Bagnères

Le canal asséché dont il reste trace, l’écluse, de l’autre côté du pont, en témoignent encore. Une lourde croix de mission semble vouloir protéger la place encadrée de platanes. Si nous poursuivons le chemin sur notre gauche nous arriverons au pied de la chapelle Notre-Dame de Pitié et pourrons retrouver le chemin de Tresors qui longe le Salat vers le Raourès où subsistent les piles de la passerelle emportée lors de la crue de 1982.

Seix.L'écluse et la pont du Campot

Seix.L’écluse et la pont du Campot

La montée au château

Mais nous choisissons de tourner sur notre droite pour emprunter le pont du Campot et de remonter la passade de la Caoussade en pente raide.

Seix. La Caoussade

Seix. La Caoussade

Cette passade, autrefois couverte de bouses parcequ’empruntée au quotidien par les vaches, atteste une nouvelle fois du caractère agro-pastoral du village de Seix : ici des granges subsistent à l’intérieur même du village en alternance avec des maisons d’habitations. Après une traversée de la rue de Pujolle , c’est la montée au Pouech, en direction du château. Au pied de la croix monumentale, à l’ombre des grands épicéas, quelques bancs pour reprendre son souffle et un point de vue imprenable sur le village avec en fond le Mirabat et le Fonta : quelques photos s’imposent !

Seix. Le château

Seix. Le château

Le Château Seix bien que sise dans le Couserans, fut une enclave languedocienne : en raison de ses franchises, elle échappait donc à la juridiction du seigneur de Couserans, et relevait du gouverneur du Languedoc (judicature de Rieux), au nom du roi. « Les co-seigneurs de Seix étaient cinq lorsqu’ils octroyèrent des coutumes, vers 1280 » René de Balby, allié aux Lomagne, vicomtes de Couserans, à la demande du roi d’Aragon défend les droits hérités de Gaston Fébus sur le comté de Foix. Seix est alors affranchie des droits seigneuriaux pour la bonne garde qu’elle avait faite à la frontière.En 1528, lorsque Charles-Quint menaçait d’envahir la France, la communauté de Seix fut dispensée de l’impôt extraordinaire par François 1er parce que « les habitants étaient obligés de faire guet nuit et jour sur les ports » : ces privilèges faisait de Seix un cas unique. De là serait née sa devise : Cap dé paou, qué soun dé Seich (« Pas de peur, je suis de Seix », paroles prononcées par les habitants de Seix en passant devant les châteaux seigneuriaux. Ces paroles sont toutefois très immédiatement assorties ensuite de cette autre phrase «… Mais s’il faut fuir…fuyons ! » Le château de Seix devient résidence de la famille de Balby après le mariage de Gabrielle de Sers avec Bertrand de Balby qui verra la naissance, le 15 octobre 1598, d’Etienne de Balby : ce dernier , baron de Montfaucon, seigneur de Fabas et de Montardit, achète, le 20 mai 1626, le château de la Tour et le fait reconstruire. Entre temps, un procès pour sorcellerie contre Mathe de Ga, Ysabe Tallieu, Philippe du Rieu, Arnaude Barrau de Seix (1562-1563) a mis le pays en émoi… Le château aujourd’hui réhabilité se visite ; il est redevenu un vrai lieu de vie qui accueille expositions, spectacles et conférences et fait partie intégrante du réseau transfrontalier Patrim’. Derrière le château, nous amorçons maintenant la redescente vers la rue du Fons de Seix, anciennement commerçante. On peut y observer de nouveau les façades à travées, mais aussi des portes et des poignées, des loquets de volets joliment sculptés.

La rue René Gaston-Lagorre et la Pagode

Nous tournons à droite dans la rue René Gaston-Lagorre du nom du peintre qui avait là une maison- atelier transformée depuis son décès en logements sociaux mais signalée par une plaque. Dans cette rue se trouvaient plusieurs échoppes dont celle du cordonnier qui jouxtait la maison du peintre. En bas de la rue, nous nous laissons surprendre par une bâtisse au toît teinté d’exotisme, bordé d’une dentelle de bois : nous sommes devant La Pagode nommée aussi le Châlet qui fut anciennement construite par un explorateur célèbre, originaire de Seix, St Pol Lias .

Seix. La Pagode

Seix. La Pagode

Il fit construire cette maison d’habitation avec jardin intérieur à l’image des pagodes qu’il avait eu tout loisir d’observer à Java et à Sumatra lors de ses expéditions lors de la colonisation.

La Pagode, détail du toit

La Pagode, détail du toit

Nous prenons maintenant le chemin du retour en direction de l’office de tourisme. Nous traversons la passerelle vénitienne qui surmonte les eaux jaillissantes du Salat pour nous retrouver route d’Oust où nous longeons le canal jusqu’à la maison du Haut-Salat où se trouve la fameuse scie à marbre toujours visible.

Le retour Place du foirail clôt cette balade, la boucle est bouclée, restent les photos souvenirs !

Seix. la passerelle vénitienne. Le Cos

Seix. la passerelle vénitienne. Le Cos

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